Lorient BSM : Le résumé!

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ci-dessus quelques images de la course griffonnée rapidement par un illustrateur à bord du comité.

Ça y est c’est fait : j’ai pris le départ de ma première course en mini à la barre de mon nouveau bateau le 871 qui courais sous le nom « département du Calvados » notre partenaire principal, c’est une petite victoire en soi puisque les délais ont été extrêmement difficile à tenir, nous avons récupéré le bateau le 20 mars, travaillé dessus sur le parking du centre d’entrainement Vpmanche avant de mettre à l’eau le 28, le tout en jonglant entre mes premiers partiels et autres contraintes universitaires et le fer à souder. La seule navigation effectuée en amont consistait à convoyer le bateau de Granville à Lorient : une bonne mise en jambe de 240 miles pour découvrir le bateau et s’amariner!

Nous sommes donc arrivés mardi dernier sur Lorient après une belle navigation effectuée essentiellement au prés, c’est à dire l’allure la moins rigolote du bateau . Heureusement on a pu avoir quelques moments sympathiques : du plancton phosphorescent la nuit, des dauphins et nos premiers essais culinaires avec le JetBoil (petit réchaud), des nouilles chinoises : une volupté de fin gourmet!

De mardi à vendredi la veille du départ nous nous sommes attelés à finir de préparer le bateau, passer avec succès les contrôles de sécurité, malheureusement un peu dans le jus suite à une sinistre histoire de clés de voiture nous avons perdu pratiquement une journée de travail ce qui nous a mis en retard, la veille du départ nous étions encore à jouer avec notre fer à souder dans le bateau et nos trousses de matellotage. On a pu commencer à préparer la nav’ vers 21 heures la veille grâce à l’aide précieuse de Nicolas Jossier qui nous a apporté ses conseils météo: mentalement nous nous étions préparé à vivre une course difficile dans la nuit de samedi à dimanche.

Objectif, finir la course sans rien casser!

Le lendemain petit déjeuner 7 heures, nous fignolons les derniers préparatifs avant de partir sur l’eau, un grain passe après la sortie du chenal de Lorient ou l’on prends 35 noeuds : ça mouille!

On attends avec impatience le départ, pressés de rentrer dans le match, tellement pressés que les quelques minutes d’attentes nous semblent insupportables!

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À 12h55 signal d’avertissement, nous nous dirigeons vers le côté favorable de la ligne avant de prendre un super départ pour se retrouver 1,5 mile plus loin dans le paquet de tête. On attaque le bord de reaching, un petit soucis sur le bout dehors nous empêche d’envoyer notre gennacker, nous ne perdons pas grand chose puisque la plupart de nos concurrents n’ont pas non plus envoyé.

Nous perdons une place sur ce bord de 7 miles à cause d’un soucis de vitesse puis nous retrouvons à la première marque vers un long bord de prés jusqu’à l’archipel des Glénan. Le vent passe de 22 noeuds établis en début de course à une douzaine de noeuds, nous anticipons la rotation de vent annoncée mais sommes un peu gourmand, on se retrouve hors-cadre, rien de dramatique puisque nous ne sommes pas les seuls. Nous arrivons sur la troisième marque en 15eme position, le ciel est bleu les conditions paraissent idylliques vers 20 heures et pourtant nous savons que nous attaquons une nuit difficile : finalement elle sera atroce! Le vent continue de tourner à gauche plus rapidement que ne l’annonçaient les fichiers, nous tirons des bords pour sortir des Glénan avant de nous retrouver sur un long bord passant par le nord de Belle-île. Le vent monte progressivement dans la nuit et se met dans notre axe. Nous prenons un ris dans la grand voile,vers minuit 30 je vais faire une sieste dans le bateau pour me reposer un peu en prévision de ce qui allait arriver. Vers 1h du matin Jérémy me réveille en frappant au bateau : « on va réduire devant », le vent est rentré à nouveau. Je reprends la barre mais nous tournons régulièrement pour nous abriter à l’intérieur du bateau, vers 2h30 du matin j’était de quart, Jérémy toque à nouveau, je remonte dans le cockpit pour prendre le deuxième ris dans la Grand voile, le vent est établi à 25 noeuds et je me fais rincer par une vague. En déséquilibre je me fais un petit bobo à la main, On commence à souffrir sérieusement de l’état de la mer, on a un peu peur pour le bateau puisque c’est notre deuxième sortie, ça tape, ça mouille, Jeremy est trempé jusqu’au Caleçon!

Vers 5 h du matin je lui redonne la barre, à la VHF j’entends nos concurrents abandonner un à un : casse, mal de mer, peur de finir hors-temps…

30 minutes plus tard notre système de prise de ris à l’avant du bateau casse, je m’attache avec ma ligne de vie pour retourner bricoler à l’avant.

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Au lever du jour on ne voit plus personne, on sait que la nuit ne nous a pas réussi, nous étions un peu sorti du mode course pour se mettre en mode « convoyage » en croisant les doigts pour ne rien casser et terminer la course. Vers 9h du matin délivrance : après 20 heures au prés on peut enfin tirer le manche, se retrouver dans des conditions maniables au vent arrière et friser avec des vitesses supersoniques, On décide de ne pas envoyer de spi dans un premier temps, ceux de devant sont trop loin pour espérer un gain et ceux de derrière ne peuvent plus nous rattraper. Une heure plus tard je vois un concurrents à l’AIS (système permettant d’obtenir des infos sur nos concurrents à portée d’émission radio) qui file 2 noeuds plus vite, le vent ayant légèrement molli et sous l’effet de la fatigue et de la déshydratation je crache quelques jurons que je préfère résumer par la phrase suivante : « retournons à l’école de voile si on est même plus capable d’envoyer un spi! » nous préparons donc un spi médium, l’envoyons, le bateau prends un coup de pieds au fesses, les compteurs s’affolent, régulièrement nous frisons avec les 17 noeuds mais le bateau est peu maniable, nous rattrapons les vagues de devant et enfournons, c’est un peu chaud! après un premier départ au tas on s’aperçoit qu’il y a encore 30 noeuds de vent et qu’on est complètement surtoilé! On décide d’affaler pour préserver le matos. Nous terminons la course sous GV 2 ris et solent comme la plupart des concurrents à portée de vue, c’est la première fois que cela m’arrive en course!

En passant la ligne d’arrivée en 16e position sur les 62 au départ, on se claque la main en hurlant « on l’a fait!! », surpris de s’être mis autant dans le rouge avec seulement 27 heures de course, arrivés au ponton nous ne connaissons pas encore notre classement mais en voyant tous les bateaux on a cru s’être complètement fait remonté dans la nuit pour finir parmi les derniers, finalement un concurrent vient nous aider à nous amarrer et nous demande « vous avez finis ? » « Ben ouaip, y a eu quelques abandons cette nuit ? » , « oui 31 bateaux… »

Après une bonne douche chaude et un bon bol de thé on avait déjà oublié le sale quart d’heure que nous venions de passer, maintenant je n’ai plus qu’une envie : y retourner.

Sur le plan sportif, le bilan est encourageant, je manque clairement d’entraînement sur le support, mais nous avons déjà réussi à rivaliser avec les équipages les plus aguerris: seul bémol, mes voiles sont très fatiguées, et mon solent s’est déchiré durant la régate, je dois le faire réparer avant de repartir m’entraîner en vue de la première course en solitaire le 30 avril : la Pornichet select : 300 miles en solo, ce sera un véritable test, l’objectif sera de finir d’abord et de prendre du plaisir, il me reste 17 mois avant le départ de la transat pour progresser et je veille à ne pas cramer d’étapes! J’espère toujours être au départ cet été des Sables – Les Açores – Les Sables le 24 Juillet mais j’ai décidé de modifier mon programme pour des raisons de budget et de préparation j’annulerais sans doute ma participation au mini-fastnet pour effectuer mon parcours de qualification hors-course (1000 miles) au mois de Juin.

Rien de définitif, il faut de toute façon que je trouve une solution dans les jours qui viennent pour avoir de l’énergie à bord et recharger mes batteries pour la première en solo afin de faire fonctionner le pilote!

Toujours tributaire de la recherche de budget je ne désarme pas et suis fier d’écrire cette belle aventure aux côté de mes partenaires : Le département du Calvados, le Cercle nautique de Honfleur, le groupe Lebrun, l’Université de Rennes 1, la ville de Honfleur & la commune de La Rivière Saint Sauveur, la députée Nicole Ameline, le centre c’entrainement VPManche, mes amis, mes parents qui s’inquiètent et les généreux donateurs sur les campagnes de financement participatif sans qui je ne pourrais partir.

Mention spéciale à Jérémy qui m’a filé un gros coup demain à préparer le bateau et sans qui je n’aurais pu me dégager un peu de temps pour réviser mes partiels! En espérant refaire quelques doubles ensemble.

Bravo à vous =)

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PS : pour vous donner une idée de l’ambiance à bord vers la fin :13000287_10208210240641128_5121993029076777410_n

 

 

 

 

 

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