Une première course riche en enseignements

Retour sur ma première course sur le circuit mini : La Transgascogne! Un début sur les chapeaux de roues avec une victoire d’étape et une seconde place au classement général en série double dont il ne faudra pas se contenter pour préparer avec rigueur les courses de la saison prochaine.

 

Le départ de la première étape devait initialement avoir lieu le 26 Juillet, en raison des conditions météo il fut retardé au 26 Juillet, la veille lors du briefing et non sans humour le directeur de course annonçais la couleur : « c’est pas ce soir que vous allez rentrer de boite de nuit à 4h du matin, demain début de l’émargement et remise des téléphones à 5h30 du matin, départ de la course à 7h30 ». C’est ainsi que nous  mirent nos réveils à sonner à 4h45 le mercredi 29 Juillet, un départ aux allures surréalistes, nous profitons de l’émargement pour déjeuner entre coureurs dans une ambiance extraordinaire: nous n’avons qu’une hâte, partir sur l’eau!

6h30 sortie des bateaux, nous attendons notre tour pour sortir du port remorqué par un semi-rigide, nous arrivons dans les derniers sur la ligne ce qui nous laisse peu de temps pour préparer notre départ qui fut donné aux alentours de 7h30.

7h30 : Le coup de canon : un grand moment dans une vie de coureur que le départ de sa première course au large, nous coupons la ligne parmi les premiers et nous retrouvons en tête de notre catégorie avec une avance assez confortable quelques minutes après le départ grâce à une bonne vitesse qui nous sauvera tout au long de cette première manche express vers Luanco en Espagne.  Derrière nous, le duo Albert Lagneaux/Stéphanie Alran  à la barre d’un bateau dernière génération avec lequel nous ne tenons du moins sur le papier pas la comparaison revient sur nous et repasse devant : nous sommes distancés, on ne peut rien faire, il faut accepter et ne rien  lâcher.t1

Dans la nuit nous nous arrachons sur la conduite du bateau, mètres après mètres nous revenons sur le premier, réduisons l’écart latéral pour limiter leurs  potentiels gains lors de la bascule à droite  et réussissons à reprendre la tête de notre flotte avec une confortable avance: vient le moment de l’empannage vers 4h30 du matin, nous sommes groupé dans un paquet de bateau et décidons d’attaquer : Je dis à Charles mon co-skipper : « tu verra, tout le monde devient hésitant concernant l’empannage, il y a de forte chance pour que le groupe nous accompagne », c’est le cas, nous empannons pour anticiper la bascule à droite et ne pas faire de route en trop et rapidement tous les bateaux nous suivent pour ne pas prendre de risques. Je prends mon quart à ce moment là, à mon réveil une heure après force est de constater que nous avons commis une erreur : la bascule à droite s’est faite beaucoup plus lentement que  prévue et nous sommes toujours au dessus de la Route, décalé dans l’Est avec un écart latéral sur nos concurents qui pourrait nous être fatal, le vent monte : une vingtaine de noeuds, rafale à 25 : Après quelques hésitations sur nos choix de voiles nous conservons notre configuration : Spi Max , GV 1 ris et empannons pour anticiper la fin de la bascule à droite sur les côtes Espagnole, par chance nous recroisons juste devant Le Pogo 3 pour constater que notre avance de la nuit a fondue comme neige au soleil, Nous n’avons pas décidé de réduire contrairement à l’autre équipage qui a préféré affaler pour  naviguer avec un spi plus petit, ce choix qui à  bien des égards aurait pu paraître un peu « bourrin » s’avère payant puisque deux heures trente après et après une belle bagarre avec nos deux poursuivant nous remportons la première étape avec 1 min 30 seconde d’avance sur le second : l’équipage  de François Denis et Gabriel Boichat qui réussit lui aussi à la barre d’un bateau d’ancienne génération à se caler devant l’étrave du Pogo 3!

L’accueil à Luanco est vraiment sympathique : à ce jeu les Espagnols savent aussi y faire : à peine arrivée qu’une bière nous attends au ponton pour savourer notre victoire! Nous profitons de cette escale pour nous reposer et préparer rigoureusement notre deuxième étape ou nous bénéficierons cette fois-ci de l’aide de Jean-Charles Monnet qui nous apporta de judicieux conseils quand à la météo et notre trajectoire durant la course. « ça va mouiller ! » m’annonce-t-il par mail la veille! Au programme une étape de Reaching dans la brise dans le golfe de Gascogne avant une grosse bascule du vent à droite pour finir au portant et une arrivée sur Port-Bourgenay dans des conditions de demoiselle! Après un départ moyen (mais malgré tout en tête de notre flotte) nous décidons d’abattre de 15 degré par rapport à la route comme le préconisais nos routages, ce choix nous permet de contenir le pogo 3 du moins jusqu’au lendemain matin clairement avantagé en terme de vitesse sur cette étape. Dans la nuit nous sommes les plus décalés à l’Ouest, et naviguons sous deux ris , génois : on se fait rincer! environ 2,50 mètre de houle dans le golfe, à cette allure le mini se transforme en véritable machine à Laver! Le vent commence à basculer à droite, au matin nous faisons cap au 50°, vers 10h30 nous décidons d’assumer notre choix :  faire le maximum de vitesse, sur la route et le plus à l’Ouest possible pour naviguer dans plus de pression. nous décidons d’envoyer le Gennacker, je pars gréer (me faire rincer…) à l’avant du bateau et là, juste avant d’envoyer la voile, le bout-dehors casse, je fonce à l’avant le récupérer pendant qu’il traîne dans l’eau pour éviter de perdre la voile ou d’abîmer la coque , le moral en prends alors un sacrés coup : il y a trop de mer pour envisager une quelconque réparation et nous sommes désormais privés de voile d’avant : dans la jt2ournée le vent faiblis fortement et continue de basculer à droite, nous voyons tous les bateaux envoyer leurs grand spi et nous dépasser: c’est dur mais il faut accepter, on pratique un sport mécanique et parfois ça casse sans qu’on y soit pour quoi que ce soit… Nous nous retrouvons presque en queue de flotte, mais le soir en bon Mac Gyver qu’il est Charles réussit à nous bricoler une réparation de fortune : nous pouvons à nouveau utiliser le bout-dehors! nous renvoyons un spi Médium, un peu sous-toilé mais pour éviter de casser à nouveau puisque le bout-dehors tient cette fois ci avec des ficelles et du scotch… Nous repartons déterminés mais pragmatiques : nous ne jouons plus le podium au classement général. Heureusement les dauphins sont là pour nous remonter le moral, durant toute la nuit, il nous accompagnerons à la barre, nous en croiserons sans doute une bonne centaine durant cette étape. Au petit matin, on s’aperçoit à l’AIS que nous sommes bien revenus sur nos concurrents, une nouvelle guerre se prépare à nouveau, nous arrivons à 15 miles de la ligne d’arrivée, le pogo 3 vient de franchir la ligne et pour tout le reste de notre flotte, le vent tombe, il nous faudra presque une dizaine d’heures pour effectuer cette courte distance, durant lesquelles nous réussirons à limiter les dégats : nous finissons 4èmes de l’étape mais grâce à notre avance durant la première nous arrachons la deuxième place au classement général!

Ce fut pour moi une expérience extraordinaire, depuis le lycée je rêvais de prendre un jour le départ d’une course en mini! l’occasion également de rencontrer pleins de gens sur les pontons et de repartir avec 40 copains : c’est aussi ça le mini : un microcosme de coureurs, de gens qui sacrifient tout ce qu’ils ont pour aller au bout d’eux même et de leurs rêves, ou règne l’échange, l’entraide, la solidarité.

Petite dédicace et un immense à Charles, mon co-skipper qui m’a fait bénéficié de son expérience, lui qui a déjà couru la mini-transat et dont j’ai beaucoup appris, tant techniquement qu’humainement : Des courses en double il y en aura d’autres l’ami!

Enfin pour clôturer cette courte saison, je tiens à adresser un immense merci à tous ceux qui m’ont soutenus jusqu’à présent, j’espère porter vos couleurs au plus haut lors des prochains événements.

Objectif : être au départ d’une première grande course en Juillet prochain : Les Sables – Les Açores – Les Sables, à la barre d’un voilier compétitif, encore un parcours du combattant qui s’annonce que celui de la recherche de sponsors!remerciements

Merci à vous!

Sportivement

Simon.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s